"Je lui ai pardonné" me dit-elle à l'autre bout du fil.

Mon coeur fait un bond dans ma poitrine lorsque j'entends ses mots jaillis d'un trait avec une pudeur toute en retenue pourtant, le pardon est un mot qui pèse de tout son poids dans ma vie et je sais ce que je dis, entendre un de mes enfants parler de pardon m'émeut plus que je ne l'aurais pensé.

Moi, le pardon, je ne le connais pas trop, je crois le connaître mais je pense que non, je ne le connais pas trop parce que pendant longtemps après avoir été blessée, je laisse parler ma douleur, peut-être trop longtemps même mais je ne décide de rien, je le vis au jour le jour.

Voilà exactement comment je vis les blessures de la vie, or il n'y a pas de mystère, je me dois de dépasser toute égratinure, toute éraflure que la vie dans son immense grandeur me gratifie. Et la cicatrice doit me paraître si belle que je puisse me dire voilà j'ai vécu et je me suis dépassée, j'ai vaincu. Et quelquefois c'est ce que j'ai cru....

Mais hélas mille fois hélas, moi qui crois en des choses fabuleuses comme celles que l'on choisit ses parents avant de naître, que chaque épreuve doit être bénie puisqu'il nous est donné de rattraper nos actes manqués d'une autre vie, que la vie est une chance inouïe qui nous est donné pour dépasser nos peur....Vraiment? Je crois en cela moi?

Eh bien moi, oui moi à qui ces mots parlent, je ne crois pas, non je suis certaine de ne pas pouvoir, oui de ne pas pouvoir pardonner facilement lorsque les mots se transforment en travaux pratiques de la vie.

Voilà!

C'est simple, je vous explique, on me fait du mal puis on ne s'excuse pas parce que finalement on estime que bon je suis une bonne personne, je suis déjà en train d'oublier ai-je dit,  hé bien je peux vous dire que moi, ce mal c'est comme une extraction de dent de sagesse, et que si sur le coup ma gencive est anesthésiée le lendemain elle peut s'infecter! C'est simple! Et aussi simple que si hier j'ai dit que je n'avais pas mal, aujourd'hui par contre je hurle que j'ai mal à en crever.

Qui a osé dire qu'on se connaissait bien? Pas moi, je me découvre encore chaque jour!

Autant je peux être là dès qu'on m'appelle, autant je peux tout comprendre et faire tout pour n'importe quelle personne aimée de moi, autant une trahison ou une indifférence quelconque peut me toucher au vif et me laisser une déception qui va me faire reculer fermement.

Non pas me fâcher, quoi que, mais je vais voir autrement cette personne à mon insu. Et alors que je me croyais si compréhensive et aimante, je me découvre tout à coup louve et non pas méchante mais cinglante parce que j'ai mal.

Alors oui les amis, je ne me reconnais plus, donc non je ne me connaissais pas si faible, si en souffrance devant la vie et ses tergiversements. Et oui, je suis vulnérable et je souffre aussi comme n'importe qui devant les choses de la vie, mais je refuse de le croire de prime abord et je m'engage, oui j'ose disposer de moi et de m'engager à ne pas en vouloir, à ne pas crier si j'ai mal et tout et tout.....Donc, il est sûr qu'ensuite je ne fasse que le contraire!

Pourquoi me crois-je si forte est la question que je me pose?

Pourtant, grâce à une conversation avec l'un des miens, une lueur s'est allumée tout à coup dans mon esprit, innondant tout de clarté sur son passage jusqu'à rebondir jusqu'à mon âme, ma précieuse âme à laquelle je ne veux pas être déconnectée une seule seconde. (Or lorsque le pardon se sauve de moi ou bien l'inverse, mon âme se rapetisse jusqu'à se déconnecter de moi qui ne veux pas des leçons prévues par ma vie, oui je sais, c'est difficile de me suivre ces temps ci! Mais tenez bon, on va y arriver!)

Donc, à la lueur de ces mots de pardon, si j'ai tressailli à ce point c'est que la corde sensible chez moi a été bel et bien effleurée et que je doive trouver comment me guérir de tout ça!

Et je crois que j'ai trouvé, je ne sais pas si cela va marcher mais je sais que j'ai retrouvé par hasard, or le hasard n'existe pas à mes yeux, une sorte de résumé de tout ce que je crois, un condensé sur la vie terrestre préparée bien avant notre naissance avec nos guides.

Et il est dit que nous avons choisi les êtres de notre entourage pour tout ce qu'ils ont à nous révéler et à transcender chez nous. Ils ont été choisis par amour et tout ce qu'ils vont m'apprendre à travers les conflits par exemple,  ne sera que par amour pour moi, pour m'amener à guérir de ce que je n'ai pas pu il y a bien des vies peut-être!

Donc lorsque je souffre de ne pas comprendre l'autre que j'aime et que je croyais connaître parfois, je dis bien parfois il me semble que la vie me murmure tout bas de faire chuut et de mieux l'écouter pour voir avec les yeux de mon âme qui sait plus que moi ce que nous sommes venus faire ici, elle et moi.

Pas évident du tout, je vous le promets! Surtout quand vous enchaînez les "trahisons" et que ce sont vos proches qui sont vos professeurs, donc des êtres que vous aimez fortement, que les événements s'emboîtent comme dans une spirale infernale dont vous ne savez plus comment ni pourquoi, que vous souffrez affreusement d'un mal insidieux et que vous remettez tout votre amour pour eux en question.

Oui ou plutôt non, ce n'est pas évident, j'en ai pleuré mais les plus belles choses de la vie terrestre me sont données aussi par mes enfants et si l'un d'entre eux me parle de pardon, alors c'est que c'est très important pour mon avancée, pour mon évolution terrestre, non pas pour ma réussite selon les codes de la société, pas du tout, mais pour mon évolution en tant qu'âme évoluant dans un corps afin de finir ce que je n'ai pas fini et de guérir ce qui ne l'a pas été dans une autre incarnation.

Tout est amour et doit être vu ainsi, l'amour pour l'autre, sans conditions ni contrat, juste l'amour pour délivrance.

Puisse la vie me montrer le chemin et me donner l'occasion de comprendre le pardon en m'offrant la guérison en même temps.