Ces derniers mois ont été longs et douloureux, j'hésite encore à l'écrire ici tant j'ai peur de rendre encore plus vrais mes ressentis, tellement je me sens encore affaiblie entre rires fuyants et larmes intarissables. 

Bien des fois je me suis vue prise au piège, profondément anéantie et impuissante, oui c'est exactement cela et le pire c'est que autant j'aime écrire et me raconter, autant j'ai découvert une autre face de moi, discrète et inapte presque aux narrations, au partage, et surtout dénuée de toute envie de me raconter. Mes aventures n'en étaient plus dignes peut-être? Même pas!

Simplement si le bonheur ne se raconte pas, les mauvais quart d'heure vécus sur le vif non plus, ils sont là pour être vécus puis digérés et enfin appréciés!

Appréciés? Oui à leur juste valeur et ce malgré la teneur de mon ressenti et de mes larmes, malgré l'incompréhension parfois face à autant de larmes et de douleurs que de mon humble avis je trouvais infondées. Moi, je suis tout le temps dans le déni de mes souffrances, je dis toujours après coup que je me suis vautrée en elles et que j'ai dû y trouver mon compte bon sang et que vraiment je suis trop capricieuse au fait alors qu'il y a pire que moi.

Il y a pire que moi, c'est sûr, mais cela dit afin de mieux comprendre ma vie et ce que je dois vivre au fil des jours qui me sont impartis, je sais que je dois fricoter avec le pire pour connaître le meilleur et cela même si le pire n'est pas forcément le pire mais seulement à mes yeux.

Alors oui, je peux dire que j'apprends à apprécier ce que j'ai désormais, j'aurais voulu tout changer que je n'aurais pas fait mieux que ma vie, sauf que ma vie a des priorités et que parfois je me retrouve avec des "vieilleries"dont je ne veux plus rien savoir mais que ces vieilleries malgré toute ma bonne volonté de les jeter, sont encore miennes!

Je ne sais pas si vous suivez!

En tout cas, tout cela est un peu décousu et je vous le concède mais il faut bien que je l'écrive quelque part, que je fais avec ce que j'ai depuis quelque temps et que si parfois c'est plus difficile qu'il n'y paraît, je n'oublie jamais que je reviens toujours d'une contrée lointaine lorsque je traverse le pays des épreuves.

Dit ainsi c'est joli, n'est-ce pas?

Oui, moi aussi je trouve....c'est pour ce beau paysage traversé avec du chagrin dans l'âme à certaines heures les plus banales de mon existence que j'ai décidé d'apprécier (un mot que j'aime dans l'adversité!) à sa juste mesure ce qu'il me reste.

Et ce qu'il me reste, c'est un peu de mon pain blanc apprécié comme un morceau de chocolat de mon enfance que ma maman nous donnait ma soeur et moi après la sacro sainte cuillère d'huile de ricin sensée nous "détoxifier"...de quoi? Je n'ai toujours pas compris!

Il me reste encore des petites choses comme moi, moi et rien que moi, je l'avoue entre deux accalmies de larmes et d'incompréhension, je suis prête pour moi, enfin!

 Il m'aura fallu du temps et du temps, des mois et des mois, des écrits et encore des écrits pour que je dégage le meilleur de moi et qu'enfin je m'accepte telle que je suis, pourtant je viens de vous écrire que souffrir à mes yeux, je le prenais pour quantité négligeable mais c'est faux.

C'est faux, je souffre et voilà, les cicatrices sont là et je fais avec elles, il m'arrive de les caresser du bout des doigts pour me dire que oui je suis aussi celle là et tant pis pour ceux qui me trouvent trop ci ou ça, tant pis pour eux, puisque je sais qui je suis et ce que je suis...

C'est une pépite d'or.