J'y ai découvert des surprises qui m'ont laissé penser que j'étais de la pâte à modeler.

Je ne suis que glaise et la vie me veut un jour plus élaborée, un autre plus mature, plus indépendante que parfois je ne veux plus, je dis stop, alors je tourne tout en dérision, je ne veux voir que le côté illusion, je veux y croire de toutes mes forces.

Pourtant ce matin, ma vie en question m'a rappelée à l'ordre!

Tout est parti d'un mot, un simple mot pas si simple que çà, la pistanthrophobie qui réside dans la peur de faire confiance aux gens en raison des expériences négatives. Oui cela existe, je l'ai découvert sur Pinterest,  depuis quelques jours il m'interpellait par sa drôle de bouille de mot inconnu et voilà qu'il me fût donné de le découvrir un peu plus au détour d'une conversation.....entre moi.....et moi.

Au début de cette conversation particulière je n'ai pas voulu de ce mot pour moi, c'est vrai, pourquoi l'aurais-je voulu, je ne me vois pas comme çà, je vois le mot peur comme une offense à moi peut-être, je ne saurais vous dire.

Peur de donner sa confiance à l'autre ou peur de soi  par ricochet dans cette méfiance des relations? dans cette résistance à l'abandon de soi?

L'abandon de soi comme un cadeau que l'on ferait à l'autre, celui ou celle qui est suspendu à nos lèvres au début d'une rencontre lorsque obnubilé par la découverte de cet être si extraordinaire à nos yeux, on en oublierait presque que tout n'est pas toujours rose et que oui il peut y avoir peur d'un côté ou de l'autre, peur de revivre une autre forme d'abandon, de rejet, peur de retrouver nos démons, de repasser par le même chemin et de se dire atterré "oh je suis déjà venu ici moi , non?" et de sentir notre coeur se serrer, le sang battre à nos tempes avec la sale impression d'être poursuivis par un tueur en série.

Moi, je n'ai pas voulu me dire pistanthrophobe, j'ai fait un déni de pistan....phobe, parce que je déteste les mots qui finissent par phobe, que je ne voulais pas l'être et que je suis dans le déni de plein de choses en fait, voilà ce que j'ai découvert sur moi et depuis, ma vie n'arrête pas de me remodeler.

Je veux dire que depuis ce matin elle ne cesse de me tarabiscoter, elle me poursuit depuis l'aube, depuis que j'ai accepté patiemment de converser autour de ce mot si repoussant qu'est la pistanthrophobie, depuis que j'ai accepté de me voir finalement vulnérable et surtout de me dire que n'est-ce pas le mal dont souffre un peu tout le monde?

Nous sommes tous des pistanthrophobes, nous sommes tous des rescapés d'une histoire d'amour ou d'une histoire d'amitié qui s'est terminée un matin ou un soir alors que nous étions si confiants en l'autre, alors que notre main cherchait encore sa main,  que les sentiments nous animaient et nous réunissaient encore pensions-nous alors.

Ma vie n'a de cesse de me rappeler combien je ne sais rien depuis ce matin, combien tout est si fragile parfois et que maintes fois je me suis crue invincible au nom de l'amour pour l'autre, elle me fustige sur ma confiance qui me précède donnant à l'autre l'illusion de penser que mon rôle d'amie ou autre lui est acquise et que par conséquent il peut tout demander sans demander vraiment, je suis prête à y répondre par l'affirmative. Pourquoi?

Parce que je déteste les mots en phobe, parce que je bâtis sur mes souffrances et que tout de suite après le cataclysme je me crois prête à remonter sur le ring dans la mêlée, j'oublie que la vie exige de nous des leçons révisées, apprises, sues sur le bout des doigts!

En fait je n'oublie pas mais dans ma hâte de vivre, je l'ignore ma vie, je fonce à nouveau, ce n'est pas si grave je me dis, or, c'est faux, je ne dis pas que je suis fausse hein, mais je ne me penche pas vers mon âme en souffrance, je n'attends pas sa cicatrisation avec elle pendant sa convalescence, je cours, je papillonne et lorsque j'ai mal à elle, qu'elle me tiraille dans tous les sens, je me sens comme un chien qui cherche sa queue. 

Aujourd'hui ma vie m'a conduite aux frontières de moi, j'en suis pétrie ce soir comme de la pâte à pain, j'ai tout passé en revue, tout! J'ai dû repartir dans mon enfance, endroit que je chéris et que je fuis aussi à certaines heures, siège de tout commencement, aube des relations, noeuds indéfectibles et sempiternelles, rebellion contre l'autorité parentale, tout a été revu et corrigé par ma vie.

Elle me veut plus souple, moins rigide dans ma façon de pointer l'autre du doigt peu importe qui il est et ce qu'il a fait si je lui en donne l'autorisation me dit-elle, je ne comprends plus rien, moins rigide ?? Oui plus ferme mais moins catégorique! Oh comme c'est facile, j'ai tout saisi! Elle me veut moins plongée dans la dérision de tout, elle me demande de me dire que j'ignore tout de la vie de l'autre en face, fut-il l'ami le plus proche ou mon père ou ma mère! oh! 

Mais qu'ai-je donc fait? Il apparaîtrait que je suis trop indulgente avec moi et que je me passe tout! 

En fait il m'a fallu apprendre en une seule journée que non, je ne pardonne pas si facilement, que oui les autres en face sont ici pour me faire évoluer, que tout a un but, que rien n'est vain, que ce n'est pas parce que je souffre que j'ai l'autorisation de juger l'autre, que non je n'ai pas tout bon sous prétexte que je veille à ne pas faire de mal et que oui quelquefois malgré ce que j'en dis ici, il est bon de me culpabiliser un peu, juste un peu pour tout remettre à leur place et m'empêcher de commettre l'irréparable!

Madre Dios, pardonnez-moi pour m'avoir trop vite pardonnée parfois et si vous avez compris, bravo!!