Moi je crois qu'on ne naît pas à la terre impunément, on vient ici, effectuer un voyage pour un temps donné, afin de nous permettre de créditer notre carte, non pas bancaire mais d'amour, oui d'amour et ce n'est pas si simple. C'est même très complexe!

Car cet amour est si particulier que son sens semble vite nous échapper, dès l'enfance si on y regarde de plus près, mais simplement on l'ignore alors que tout réside dans un amour désintéressé pour l'autre et que tout ne devrait être que de l'amour, pour tout et dans tout.

J'ai bien dit que c'était complexe.

Parce qu'en fait tout est relié et on en revient toujours à cela, certaines personnes sont reliées entre elles par des fils d'or, d'autres par des fils épais et solides, d'autres encore par des fils très sobres mais tous ces fils, de toute façon sont invisibles! Ah mais oui sinon où serait l'intérêt de vivre pour y découvrir que l'amour est la seule issue possible!? Hein? Cela serait trop facile!

J'ai dit trop facile? Jamais assez ici bas, je l'ai appris auprès de ces autres qui me sont reliés par de multiples fils et qui font que j'ai dû apprendre à maîtriser mes colères, mes impatiences pour les remplacer par la tolérance, le calme et le pardon pas toujours accessible à mon esprit trop entier. En un mot, l'amour fut parfois ma seule réponse devant l'imbroglio des relations humaines.

Je crois que je vis pour régler des contentieux hérités d'une autre vie au niveau des relations, voilà c'est dit.

Je voudrais ne pas y croire, je revendique ma liberté entre guillemets de vivre à ma guise, mais les êtres et leurs attentes ou demandes, appelons cela comme on veut, finissent toujours par me rattraper. Parce que nous sommes liés par des fils invisibles, parce que je les aime, j'ai donc appris d'eux que je ne suis pas tout à fait libre, mais libres le sommes-nous réellement, enfermés que nous sommes dans nos idéaux, dans nos corps trop à l'étroit?! Je ne sais plus, je cherche au fond de moi les réponses.

Et les seules que j'ai me laissent pensive et perplexe.

Oui on vient pour s'aimer et cela n'est vraiment pas simple, parce que nous sommes si différents, si contradictoires que lorsqu'on est unis tout peut se déliter en un quart de seconde et que s'aimer devient ardu, une tâche titanesque voire impossible, or je le sens au plus profond de moi, seul l'amour, le vrai, celui qui part du coeur peut faire des miracles.

Pourtant rien n'est simple, voilà ce que j'ai appris des autres, aimer est tel un deuxième souffle chez moi mais rien n'est simple.

Comment aimer la colère qui s'exprime chez l'autre par le verbe haut et vif, par la critique facile, le dénigrement, comment faire route avec l'indifférence qui s'échappe de cette autre personne qu'on est sensé aimer, je dis sensé, parce que l'amour est mon premier regard vers l'autre, un peu comme si parfois je voudrais atténuer sa souffrance de vivre, parce que oui la vie est à la fois une si grande joie et une si grande souffrance, je le crois profondément.

Quand j'étais petite, je regardais le ciel et j'avais une telle allégresse dans mon coeur, je ne peux pas l'exprimer ici, un mélange joyeux d'attente et d'impatience pour tous ces jours qui m'espéraient, qui me verraient évoluer et grandir pour venir vers eux confiante et riante...Et puis tout à coup comme un éclair dans ce fameux ciel serein, les autres, adultes ou pas et leurs petites mesquineries, leur problèmes qui n'en étaient pas et je me revois avec leurs tracas comme un fardeau et mon visage qui perdait toute sa candeur pour ne garder que la trace de leurs soucis, entre mes sourcils! 

Alors oui, ce que j'ai appris des autres, c'est qu'ils peuvent faire la pluie et le beau temps par chez moi certains jours tant et tant que j'en oublie l'antidote, à savoir l'amour malgré tout!