...Qui peuvent se transformer en noeuds.

Plus que jamais en ce moment, je ressens l'importance de se détacher de ceux qu'on aime, plus que jamais.

C'est vrai, on va me prendre pour une ingrate, une irresponsable et tout, mais je le ressens jusque dans mes tripes, cette importance de vivre en me sentant libérée de tout et le pire c'est que je suis en train de faire cette expérience à l'insu de mon plein gré!

Oui cela n'arrive que lorsque l'on ne s'y attend plus le détachement, le lâcher-prise!

Toute ma vie j'en ai été consciente, je faisais partie de celles qui s'attachaient fortement, qui aimaient pareillement et qui depuis toujours se posaient des questions sur comment donc faisaient-elles les autres pour ne pas ressentir la même chose que nous!

Petite déjà je le savais sans le savoir, lors des départs et peu importe lesquels, deuil ou pas, il me fallait longtemps pour me faire à cette idée, longtemps, j'étais comme amputée d'un morceau de mon coeur, oui, voilà, ce n'est pas exagéré.

Chacune des chaises vides autour de la table me laissait décontenancée et impuissante face à la vie et à sa force, elle seule sait pourquoi les gens qui s'aiment pourtant s'en vont un matin, poussés par des vents contraires.

J'ai dû me faire violence, je me suis non pas verrouillée le coeur de peur qu'il ne m'échappe mais presque, presque tant les crises d'angoisse me saisissaient à la gorge pendant les vacances de ma fille ainée dans son île!

Dès qu'elle atterrissait, le compte à rebours se mettait en branle dans ma tête, et chaque aube me voyait transie de peur par la date fatidique, cela a duré longtemps puis un jour, par la force d'heureux événements comme une rencontre qui a compté pour elle et enfin j'ai lâché l'affaire, ou plutôt l'angoisse a daigné me rendre ma quiétude si je puis dire!

Mais l'attachement, lui, demeurait, l'inquiétude restait latente, prête à bondir au moindre voyage ou déplacement de ceux que j'aime, la moindre sortie scolaire, ou autre me faisait peur à certaines périodes de ma vie, pas en continu mais lorsque j'étais plus vulnérable je ressentais une inexplicable peur qu'il m'a fallu dompter!  J'ai appris patiemment à laisser vivre les miens, d'ailleurs je le vois bien ce matin en écrivant ces mots ici, combien le chemin fut long, long.

Et puis au fil de la vie, émaillée d'incidents comme toute vie qui se respecte, que serait la vie sans incidents, donc incidents et épreuves se chevauchant à qui mieux mieux, je ne pourrais pas dire ni expliquer ce qui m'est arrivé mais dernièrement après un incident plus marquant que d'autre, j'ai cru comprendre qu'une part de moi avait abandonné cet attachement qui sommeillait si bien à l'abri de ma sérénité!

Et si au début je n'y ai pas cru, je reste presque incrédule devant ce détachement soudain vis à vis de ceux que j'aime et qui n'appréciaient pas tant mon attachement si j'ose dire!

C'est une victoire dont je ne m'attribue pas le mérite pourtant, c'est à mon insu, le résultat néanmoins de réflexion poussée sur mon inaptitude à intervenir sur la vie des autres et que bien au contraire le fait de m'inquiéter à tort et à travers pouvait changer la donne alors que des pensées positives dotées d'énergie puissante étaient bien plus sécurisantes que toute autre inquiétude stérile.

Je crois que mon expérience de la vie dans ce qu'elle a de plus inéluctable parfois m'a amenée à voir clair en elle, oui c'est ainsi que je vois la fin de cette aventure entre l'attachement et moi. Dès l'instant où il me fut donné de connaître l'inéluctable, et cela peu importe mes actes, ma façon de réagir face aux intempéries de la vie parfois, dès cet instant là j'ai cru comprendre une part jusqu'ici ignorée de ma vie.

Celle-là même qui me dit de garder confiance en elle malgré les tourments en apparence infinis. Rien n'est fini tant que le temps imparti n'a pas sonné.

Ceux qui m'accompagnent ici, sont aussi libres que moi de vivre toutes les aventures que leur vie a si bien concocté pour eux, il ne s'agit pas de ne plus m'inquiéter du tout mais de les confier à l'Univers qui sait si bien ce qui est bon pour nous.

Et si je me sens comme libérée d'un poids énorme ce n'est pas que je sois contente de m'être débarrassée de mon amour pour l'autre, pas du tout, mais aimer c'est aussi ne pas entraver l'autre, quel qu'il soit, ne pas faire peser sur lui nos peurs et nos doutes mais l'aimer sans peur.