Dis moi tout, c'est un peu mon empreinte, une phrase anodine pour que l'on se confie à moi ...ou encore pour dédramatiser une réponse que l'on n'oserait pas me dire, de peur de ma réaction!

Longtemps j'ai cru que les mots changeraient tout, que mettre des mots sur un malaise aurait ce pouvoir magique de le dissiper mais tout dernièrement j'ai compris que parfois moins on en disait mieux c'était. Que de me retirer en moi était la meilleure des solutions et que les mots pouvaient être pris à double sens, tout comme mettre des mots sur tout était une gageure pouvant générer une incompréhension même.

Voilà ce à quoi je pensais ce matin dans les embouteillages.

Un éclair de lucidité m'a traversée et m'a fait prendre conscience de ma fragilité intérieure, de ma situation bancale de ces derniers mois et que crier à l'aide pouvait, certes, m'apporter une écoute et des mains tendues mais la force de tout changer ne pouvait venir que de moi et que rien n'était simple de ce côté là!

Le courage semble me faire défaut lorsque je suis trop dure avec moi, lorsque je perds confiance en tout, fruit de mes expériences passées encore douloureuses et proches, je n'ose plus, et pourtant lorsque je me tourne vers ce même passé il a comme un goût exquis et particulier du bon et du mauvais mélangés pour donner le meilleur d'une vie.

Le meilleur d'une vie, c'est bien ce que j'aime, cependant ces derniers jours je ne crois plus en ces mots, dis moi tout,  ni même que je doive tout dire, ici ou ailleurs. Leur pouvoir magique reste intact cependant mais pour l'heure, écrire mon désarroi c'est comme peindre tout en gris, gommer mon humour de mon blog si cher à mon coeur et cela m'est trop.

C'est vrai, longtemps je me suis guérie ainsi, en parlant de mes maux, en racontant mes mésaventures, mon accident, mes cicatrices apparentes mais les blessures de mon âme souvent j'ai préféré me les garder ou alors oui, je reconnais les avoir livrées en pâtures quelquefois à ceux que je ne connaissais pas ou peu, innocemment comme si je voulais me débarrasser d'un trop plein de souffrances avec une désinvolture qui n'est pas moi.

Puis j'ai ouvert cette page ici, timidement, avec mes mots hésitants du début, j'y ai cru sans comprendre pourquoi je le faisais vraiment et sur quoi j'allais écrire et au fil des mots, je me suis livrée, confiée, défoulée sans me censurer ou si peu, mes mots étaient devenus les pansements de mon âme, teintés d'humour et pas une seconde je n'ai pensé au narcissisme dont on parle pour les blogueurs et de toute façon, écrire pour moi était d'une telle évidence soudaine que la spontanéité et la sincérité avaient remplacé les questions et les qu'en dira-t-on de quand on aura fini de me lire, en deux mots, je m'en fichais! Le plaisir de m'éclater était tel que je m'en fichais de tout, je m'amusais trop!

Mais depuis deux ans que je m'écris ici à travers vous j'ai appris aussi combien les mots pesaient leur poids, combien le vécu de l'une pouvait se confondre avec le nôtre et réveiller nos propres blessures enfouies sous une tonne de fausse assurance et cela me conduit à me dire ces derniers jours que je devrais bien tirer ma révérence pour citer Véronique Sanson que j'adore!

Oui, je tire ma révérence pour que cette aventure que je partage avec vous depuis de longs mois ne s'effiloche pas comme un vieux vêtement rafistolé de toute part et que mes mots éparpillés ne me dévoilent pas trop!

C'est fou, jamais je n'aurais cru un jour écrire ces mots là, que mes mots si précieux ne me dévoilent pas trop....

Mais oui, je ressens cela pour de vrai en ce moment, une certaine pudeur devant ma vie et ses hésitations, ses faux pas et mes nouvelles blessures pas encore pansées ni même en voie de guérison hélas. Depuis quelques semaines, je me posais dejà des questions non pas sur mon manque d'inspiration mais sur la manière de vivre mes emmerdes sans en parler ici ou alors en en parlant et il semblerait que j'ai pris ma décision sans me concerter avec moi, lol!

En commençant cette bafouille, je ne savais pas, je vous le jure, que j'allais conclure ainsi, mais si je m'étais concertée avec moi, je l'aurais tout de suite compris, que je voulais juste continuer à vous lire sans m'avancer plus désormais...

Parce que vient un moment où la vraie vie vous tire par la main en vous demandant de comprendre ses mises à l'épreuve par des actes et non plus à l'aide des mots seulement!

Oui c'est cela et aussi que parfois tout raconter ne mène à rien sinon à la colère et à l'impuissance devant la vie si compliquée qui peut être la nôtre à un certain moment de notre voyage et je crois que j'en suis là, alors que j'ai encore des choses à dire, je le sens bien mais....

Vivre demande tant d'énergie qu' il nous faut apprendre à l'économiser en nous ménageant, je me dois de prendre soin de moi tout comme vous allez continuer à prendre soin de vous, je viendrais vous lire comme d'habitude, avec grand plaisir, je prends juste un peu de recul pour mieux revenir, qui sait?

 Rien ne m'est interdit, tout m'est redonné au contraire, à moi de décider de ce qui est bon pour moi à ce tournant de ma vie.