Je vis en ce moment une aventure déroutante, je suis en accord avec moi plus que jamais et en même temps ma vie est quelque peu déroutante.

Il me faut la comprendre sans vraiment avoir le choix et je n'aime pas quand je n'ai pas le choix.

Je m'explique. Quand je conduis par exemple,  j'évite de prendre un itinéraire qui me contraint à une seule route, oui, je préfère avoir le choix au cas où un impondérable m'arriverait, c'est le propre de la vie les impondérables, non? Donc, pour pallier à toute impossibilité il m'arrive même de faire quelques kilomètres en plus mais au moins, j'ai le choix!

Vous comprenez ma phobie d'une seule option dans la vie? Moi non plus je ne la comprends pas toujours!

Mais je m'y plie parce que depuis longtemps je sais que pour avoir vécu certaines aventures périlleuses, l'âme que j'abrite ne peut plus rien contre mes peurs incontrôlées et inconsidérées même de la vie de tous les jours.

Or la vie vient de me rattraper par la manche, alors que je marchais un matin ensoleillé et que je voulais jouer avec les ombres sur le trottoir. Depuis longtemps déjà elle m'avait interpellée sur ma désinvolture à vouloir absolument ne voir que ce que je voulais voir! Mais voilà que désormais elle a décidé de me prendre par les sentiments et de me mettre la tête dans le caca!

Quoi? oui! J'appelle un chat un chat, je retrouve de ma superbe, il me faut la retrouver sinon le puzzle que je forme est incomplet!

J'ai voulu construire sur le sable tant pis pour moi, tout s'est effondré et maintenant, elle m'interdit de prendre les chemins de traverses, les petites nationales et tout le bazar, pire, elle conduit à ma place! J'ai horreur de ça!! Je n'y crois pas qu'elle me fasse ça! Elle pilote à ma place quoi!

Elle a investi tout mon être, mon âme est à l'autre bout de moi et me fait des grands signes pour me dire de me laisser porter, on dirait moi à l'adolescence, d'ailleurs tout le temps je suis ramenée à cette époque là, vers 15, 16 ans quand tout se jouait et que j'étais si neuve, si contente de moi? oui c'est ça, absolument çà, cette époque de mon adolescence fut pour moi une époque bénie, celle où j'ai été en phase avec moi, avec mon audace et ma folie. Et en ce moment....

C'est idem, bouleversée et chamboulée par tous ces changements dont je suis à l'origine, ma vie ressemble à un chantier, en vrac. Et ce que je ressens est plus déroutant encore, je veux qu'on me laisse tranquille et j'ai drôlement l'impression que je me découvre toute autre et que j'en suis toute estomaquée, abasourdie!

Tran-quille! Je découvre mille facettes de moi, je passe de l'incertitude à la plus profonde certitude de faire le bon choix et d'être en accord avec moi, voilà être en accord comme jamais je ne l'ai été depuis un moment. C'est plus grand que moi ce que je vis là, c'est comme ça et c'est tout, il n'y a pas d'explications ni de questions, je sais point.

Dans un sens, se laisser porter par le flux de la vie c'est ainsi et pas autrement, il faut le vivre pour le savoir, comment savoir si l'on est en accord avec soi? C'est quand on n'a plus envie d'expliquer ce que l'on vit au jour le jour, quand on se fiche éperdument du regard et des jugements des autres et que le mot tranquillité devient notre mantra, voilà c'est simple! Une autre facette de ma chère liberté si chèrement découverte à l'adolescence, empreinte d' une telle fougue que j'en étais toute chavirée et comme dans un bateau ivre!!

La liberté, le silence, la lecture et une certaine idée de la bienveillance de ma solitude pour gardienne de ce fabuleux accord avec moi.... 

Je comprends tout à fait Rachel de my blog so chou, lorsqu'elle nous parle de silence! Depuis peu, je renais grâce à lui parfois, je l'écoute me conter des bouts de moi que j'ignore encore mais d'ores et déjà j'aurais appris avec tout çà que parfois trop se justifier est inutile, totalement hors sujet, c'est là qu'on nous cherche des poux, parce que au final c'est la traversée des déserts qui nous dévoile à nous mêmes.

C'est tout.

Se dévoiler à soi, c'est un peu beaucoup de ce que l'on est venu faire ici, non?

Moi j'y crois, je pense sincèrement que l'on n'est pas venus pour juste obéir aux diktats d'une société qui nous voudrait nantis d'un boulot et d'un titre à la même occasion, nous donnant l'illusion d'être en oubliant jusqu'à l'origine du mot existence! Non je ne veux pas croire en cela!

Il y a mieux, il y a l'essentiel, se trouver et se réaliser pour de vrai, en se frayant un chemin à travers soi et pour y parvenir il faut parfois savoir faire silence et être seule.