Actuellement j'ai un souci avec le mot "grave"! Je me pose des questions sur ce qui l'est ou pas si je ne minimise pas trop certaines choses ou si au contraire je donne trop d'importance à d'autres, bref, ça galope grave dans mon cerveau et je suis obligée de me poser un instant auprès de moi, ici, pour essayer de me comprendre!

Dernièrement je me suis fait la remarque que lorsque je disais que ce n'était pas grave, la vie en rajoutait une couche rendant ma route encore un peu plus glissante, question de tester mon équilibre que j'ai déjà précaire depuis toujours, moi la maladresse personnifiée!

Et alors tout à coup c'était comme si le mot grave qui était si peu employé par moi jusqu'à maintenant, trouvait sa signification en toute chose!

Serait-ce possible et surtout est-ce grave??

Oui, enfin non, ma nature première aurait tendance à dire que ce n'est pas vrai, grave n'existe pas sur terre, sinon tout serait invivable, mais mon nouveau moi me freine implacablement en me rappelant que si je persiste à qualifier toutes les épreuves envoyées par ma vie de faciles, alors elle avait toute latitude à corser l'affaire!

Madre Dios, je ne sais plus à quel saint me vouer, sans rire, c'est comme si je tombais dans un puits sans fond mais éclairé toutefois! Non, non ne riez pas, je vous dis que le fait de voir de drôles de choses m'arriver en cascades, oui le mot est juste, me fait vaciller à un point que lorsque je me récupère in extremis, je n'y crois pas du tout, je me pince les fesses et les bras, oui parce que c'est là que les muscles sont plus visibles!! Hahaha!! Et alors je me dis que oui j'ai cru avoir tout perdu, oui j'ai eu peur que ce ne soit irréversible mais non, la vie me faisait juste une farce!!

Mais alors quand est-ce grave, crucial et quand n'est-ce qu'une fausse alerte?

Grave est et existe bel et bien hélas, dans la suspicion d'une maladie redoutable, dans l'inéluctable, lorsque plus rien n'a d'importance puisque tout est fini, et que tout ce qui hier encore comptait déjà beaucoup est aujourd'hui si cher à mon coeur puisqu'il n'existe plus, grave est le résultat parfois quand c'est définitif et que le manque va devoir être notre nouveau compagnon....

Pourtant...

Avec mes enfants, on a toujours pris l'habitude depuis qu'ils sont petits de dédramatiser toutes les situations, de relativiser non pas la moindre chose quelque peu sérieuse mais je reconnais être à l'origine de cela et leur avoir inculqué cette manière de voir la vie.

Simplement, récemment en entendant l'un d'entre eux me faire remarquer que c'est grave seulement quand on perd ceux que l'on aime, mon coeur a tressailli! Mais oui, parce que non finalement parfois ce n'est pas aussi simple que cela, je m'en rends bien compte, ensevelie que je suis sous la cascade, peinant à respirer et à reprendre mon souffle, taraudée par le mot grave et ses nuances, je me demande si je n'avais pas voulu jusqu'ici minimiser certains défis de la vie? Auquel cas, c'est grave!

Grave, la sentence est tombée!

Mais oui, or moi je n'aime pas les sentences, pas du tout, c'est comme si on me clouait au piloris, comme si tout était sérieux, cadré, rigoureux, alors que la vie est déjà si embourbée parfois, alors qu'on ne comprend à peine nos vécus au jour le jour déjà.

Moi, dans la vie, j'aime les terrains de jeux sans clôtures si je puis parler ainsi, en métaphore, tout est métaphores chez moi, j'aime le ciel dans son immensité, oui j'aime l'immensité sans mesures, la nature à perte de vue, la beauté dans tout, oui j'aime qu'il n'y ait pas de barrières d'aucune sorte....Que rien ne soit grave, en fin de compte!

Tout un challenge effectivement, à me lire ainsi, emportée et libre de courir ma vie, je me dis qu'il est sûr que je ne suis pas du tout le genre à juger de la gravité d'une situation. Et quand bien même, quelle est le taux de "grave", comme le mercure, comment le mesure-t-on?

Je demande à voir finalement puisque c'est vrai, ce que j'ai cru grave ne l'était pas vraiment mais que par contre ce qui l'était semble-t-il, les desseins de la vie sont impénétrables, je n'ai pas voulu le voir!

Mais encore? J'ai comme un arrière-goût d'insensé dans la bouche, il n'est pas sensé de se prendre trop au sérieux ici, je persiste à penser que oui pour la leçon à apprendre de la vie certaines choses sont à prendre en compte mais pas avec rigueur, ni trop de sérieux sinon qu'en adviendrait-il de Mary Poppins et toutes ses jolies envolées, hein?

Et tout le reste? Oui moi je pleure comme je ris, comme le dit la chanson mais je vis bon sang, je vibre, je perds aussi ceux que j'aime mais la vie ne s'arrête jamais et quand je la regarde, je sens en moi cette audacieuse prête à en découdre par tous les temps, oui, et je crois bien que je l'aime, parce qu'il en faut du courage pour continuer après toutes les fois où le mot grave a pris notre vie en otage.

Toutefois, je garde un joker, je me dis que quoiqu'il arrive j'aurais vibré puisque la vie le veut, avant que le rideau ne tombe un jour, quoiqu'il arrive.