Un secret fait toujours un raffût or j'ai besoin de raffût dans ces moments tristes et douteux où l'existence nous conduit parfois, avide de nous rappeler combien nous n'avons pas la maîtrise des événements. 

Mon secret ne fait pas le poids c'est vrai contre celui de l'humanité en détresse devant l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis mais il pèse son kilo de secret dans son aptitude à attirer la curiosité. J'aime à le penser en tout cas.

C'est un beau secret, pas romantique ni sentimental mais un secret quand même dans le sens où il n'appartient qu'à moi et à mon corps, or le corps a ses raisons parfois surprenantes à cultiver certains tabous avec lui.

Et bien que ce cher secret n'aie rien de disgracieux, il reste néanmoins une chose dont je ne parle jamais et pour cause....

Qui cela pourrait bien intéresser dites-moi donc que mon nombril et moi nous soyons en froid?

Hein?

Voilà! Depuis toute petite, je n'aime pas qu'on me touche le nombril! Rien que çà! 

D'où cela me vient-il je ne sais pas, pourquoi, je n'en sais rien mais je sais que sans me l'avouer, c'est un peu comme si c'était une région sensible de mon anatomie et que je ne touche que pour la nettoyer sinon je fais comme si ce nombril n'existait pas.

C'est fou, me suis-je dit tout dernièrement en apprenant que c'est l'endroit qui diffuse le mieux les fragrances de notre parfum, chez moi c'est un endroit que je n'aime pas toucher, de façon générale mon ventre est un endroit que moi seule ai le droit de toucher et de plus mon nombril est si sensible que je préfère l'ignorer!

J'avoue l'avoir délaissé pendant longtemps, sauf que dernièrement j'ai appris combien l'alignement de mes chakras devrait m'apporter beaucoup de bienfaits or il se trouve qu'il est pile poil sur la trajectoire de ces chakras en question!

Tout semble me ramener à lui en ce moment et je vous parie qu'il y a une explication rationnelle sur le fait que je l'eus ignoré jusqu'à peu.

Ai-je eu peur de son attrait sur moi, un peu comme si en le fréquentant de trop, je devenais une grosse égoiste?! 

Ai-je été grondée quand petite, subjuguée par ce trou au milieu de mon corps je soulevais régulièrement ma robe afin de vérifier si il était encore et toujours là?

Ou bien est-ce la faute aux mauvaises relations mère-fille qui perdurent depuis bien longtemps, alors que le nombril est le siège de tout et que c'est là que nous avons été reliées elle et moi. Elle et moi, je dis cela comme si ma vie en dépendait mais oui, pendant longtemps enfant, je me souviens avoir eu la hantise de la perdre, la peur d'être orpheline d'elle, d'avoir ressenti la détresse de la moindre absence, tant le cordon entre nous était comme un insible lien impossible à rompre.

Tant elle aurait voulu que je n'ai pas d'autre vie à aimer que la sienne, c'est difficile pour certaines personnes de donner la vie sans dépendre en quelque sorte de cette vie là, sans vouloir l'attacher à soi et lui inculquer ses propres désirs.

Oui c'est difficile d'aimer tout en sachant donner à l'autre la place qui lui revient.

Mon nombril est bien à sa place, je l'ai vérifié, pas de crainte, le cordon est bel et bien coupé et je ne ressens plus aucune sensibilité mais peut-être l'ai-je inventée cette sensibilité!

Un peu comme les paysages de mon enfance qui m'ont semble-t-il rétréci et rapetissé lorsque je les ai revus tout dernièrement?!