Vous avez certainement déjà entendu parler de cette histoire de bagages qu'on transporte avec soi et des êtres qui nous attendent à la croisée des chemins avec les leurs??

Cette histoire de bagages n'a pas fini de me turlupiner et de me sidérer et même parfois de me faire perdre le fil de mon existence.

De bon matin, aujourd'hui, la vie m'a murmuré des choses précieuses sur notre histoire à elle et à moi, comme d'hab me direz-vous, non pas vraiment parce que certains jours je suis plus touchée que d'autres, plus attentive parce que j'ai besoin de comprendre et que je me fais élève et non plus feu-follet impatient de vivre!!

Elle m'a parlé d'une histoire unique, qui n'appartient qu'à elle et à moi, au sens qu'elle voudrait que je lui donne, de mes espoirs et de mes illusions, de ma façon de la prendre avec une drôle de philosophie qui ne ressemble qu'à moi et alors mes valises sont apparues.

Mon coeur a ralenti en les contemplant parce que certaines d'entre elles portent des étiquettes sur lesquelles sont inscrites en grosses lettres A M O U R et que ce matin en les voyant, j'ai su, oui j'ai su que en son nom je m'étais déjà tant fourvoyée, et que là justement ma vie voulait en extirper quelques vieilles nippes bien enfouies sous d'autres plus présentables pour que j'ai un nouvel éclairage sur mon avenir. 

Je vous jure que c'est dans ces moments là que je me dis que ce n'est pas si simple de vivre et de se dire qu'on est un élément clé de l'Univers au même plan que les arbres, les ruisseaux et tout ce qui crée l'harmonie ici bas, que oui je compte aux yeux de ma vie, que personne ne me possède et donc ne peut me perdre et que tout a un but!

Vous avez compris? Sinon je recommence!

Mes vieilleries portaient les empreintes du temps et malgré tout j'y ai décelé la susceptibilité légendaire de celle qui avait été souvent moquée et raillée par ceux qu'elle aimait,  mes proches de toujours, mes amies à l'occasion lorsqu'elles passaient à la maison, un oncle dont j'ai longtemps été la nièce appréciée et tant d'autres qui avaient ravi un bout de mon coeur,  oui tous ceux que mon coeur a reconnus ici, ont un jour ou l'autre fait en sorte de morceller un bout de ce coeur et tous sans exception m'ont perdue un jour ou l'autre.

Non pas que j'eusse décidé de mon plein gré que c'en était assez, bien sûr que je laissais une distance entre nous, lassée de leurs faussetés répétées à mon égard mais c'est la vie qui séparait plus sûrement que moi nos chemins un matin.

Et en me rappelant cela aujourd'hui j'ai vu l'avenir qui se profilait et me disait fermement de ne pas abandonner la partie en cours et que les bagages nous servaient de souvenirs pour mieux vivre des lendemains enchanteurs, en abandonnant ce qu'on ne voulait plus et qu'il me fallait urgemment croire en moi.

Oui en moi, même si je vous l'avoue, la trouille que d'autres personnes chères à mon coeur puissent emprunter ces vieilles nippes pour se déguiser juste un instant question de me faire rire....jaune me taraude!

Oui en moi parce que aussi mes valises en question je n'aime pas les ouvrir devant les autres et que je n'oublie pas que eux aussi ont les leurs et que leurs vieilles nippes sont aussi complexes que les miennes et que parfois cela me fait penser que décidément ma vie n'appartient qu'à moi, je ne me dois qu'à elle seule et que non je ne veux plus être la fille de, la femme de, l'amie de, mais la personne qui se sait aimée et respectée par sa vie et seulement par elle.

Quelle mal y a-t-il à se faire du bien soi-même?