Tout me parle de mon identité ces derniers jours, un article dans un magazine, une conversation rapportée par l'un des nôtres ou bien une réflexion de la vie, tout me parle de qui je suis en tant que moi.

Moi, en tant que femme, en tant que personne à part entière, non pas comme la maman de trois enfants, non pas la femme d'un homme dont je porte le nom, j'y viens d'ailleurs, et non plus la fille de mes parents, non, seulement moi, je revendique mon identité plus que jamais, et le mot identité prend alors une toute autre consonance à mes yeux.

Je la revendique tellement d'ailleurs, que je tiens à l'écrire ici alors que cela fait des jours que je me contente de vous lire, en attendant des nouvelles urgentes de ma vie que je traverse actuellement à la fois dans un état second et à la fois vibrante d'émotions nouvelles, agitée par les soubresauts d'une nouvelle moi arrivée de je ne sais où en ce début d'année.

Peut-être est-ce là l'explication de tous ces rebondissements sur mon identité mais quoiqu'il en soit, j'ai besoin d'y voir plus clair en m'écrivant et donc me voilà.

Avant tout, je dois dire que la question d'identité est une question essentielle à mes yeux, chez moi l'identité ne se résume pas à ma carte d'identité, au fait que je sois une femme d'origine indienne, aînée de ma famille ou bien que je sois française, c'est à la fois simple et compliqué!

Oui, rien n'est normal chez moi, tout est simple et compliqué, je vous l'avoue, ou comment expliquer la rebelle et la soumise qui cohabitent en moi!! Rien qu'en écrivant ces mots j'ai envie de pouffer de rire de moi pour ce détail qui n'a rien à voir avec mon identité, vous croyez? Vous verrez que tout détail a son importance!

Genre la fille qui écrit un polar et qui laisse planer le suspens, oh  oh!!

Je ne suis que moi j'ai envie de dire, une personne qui revendique son existence, qui aime la vie et qui se verrait bien la croquer comme il se doit c'est à dire selon les préceptes de ma chère vie sans états d'âme!

Mais hélas, mille fois hélas, rien n'est simple et actuellement je suis dans une zone de turbulences, énormes, zébrées de mille éclats de la foudre et du tonnerre rassemblées et plus que jamais cette histoire d'identité me turlupine, c'est bien connu que c'est lorsque vous croyez que votre dernière heure n'est pas loin que le moindre détail de votre existence chérie vous prend à la gorge!

J'ai l'impression qu'un cycle de mon existence va se terminer, à mon insu ou pas, peu importe, ce qui est important c'est que je ne suis pas celle que les autres auraient voulu que je sois, définitivement.

Voilà. Où est-ce compliqué? Je ne sais pas, mais ça l'est, je puis vous l'assurer!

Pourtant où est-il écrit qu'une personne doive satisfaire les desseins de ses parents en tant que fille, où est-il écrit qu'elle doive porter le nom de son mari absolument et que le moment venu elle doive bien sûr le lui rendre si jamais, comme si j'ai demandé à porter le nom de quelqu'un fusse-t-il mon amoureux, sans rire!! L'amour à mes yeux se suffisait à lui-même, je le portais en bandoulière, dans mes yeux et mon rire, dans mes gestes en attente mais jamais sur un bout de papier il ne m'est venu l'idée! 

Passons, et qu'en est-il de cette femme qui à l'aube de ses 21 ans a mis au monde son premier enfant et l'esprit léger et le coeur gonflé de joie au fil des jours face à la vie naissante a tout appris de cette nouvelle vie et des autres à venir?

Qu'en est-il advenu d'elle? A-t-elle su transmettre tout en restant fidèle à elle?

Mon identité me saute à la face dans les virages en épingle de ma chère vie actuelle, je suis un peu de moi d'hier, beaucoup de moi d'aujourd'hui et plus tout à fait déjà celle de demain pour qui demain est toujours, toujours un autre jour!

Pourquoi les êtres qui m'entourent ne sont-ils pas capables de comprendre que je ne leur appartiens pas, je ne parle pas ici pour mes enfants, qui sont un bout de moi et qu'aucune distance ne sépare jamais vraiment de mon essence! Non, je parle d'appartenance comme si mon identité leur échappait à ces êtres que j'aime ou qui m'ont aimée comme ils l'ont pu....C'est à dire presque en reniant celle que je suis profondément, celle qui s'est construite pas à pas, celle qu'ils ne reconnaissent pas comme personne libre, et je me comprends mais plutôt en tant que fille, que femme sur laquelle ils ont un droit, oui un droit de regard!

Outrée je suis par mes mots! Ne riez pas! J'ai souvent une drôle d'impression en ce moment, celle d'une incapable attendue, oui, j'avais trop la baraka jusqu'à ces dernières années, de leur point de vue, bien sûr, et me voilà enfin dans le rôle de l'incapable bloquée sur son radeau en plein océan, qui n'aperçoit pas encore le rivage et doute de l'apercevoir un jour et qui finalement remplit son contrat...

Je suis de mauvaise foi, oui mais je m'en fiche....

J'écris pour dénoncer mon ressenti, je me fiche de comprendre le pourquoi de ma vie, je veux et je revendique ma place sur la photo de mon existence! En quoi n'est-ce pas légitime?

Je suis désemparée parfois, face à l'implacable apparence qui semble être contre moi mais qu'ai-je encore à prouver bon sang!

Mais tout, j'ai l'impression, que tout, tout est à justifier, à refaire jour après jour, à ....prouver ma bonne foi décidément c'en est ahurissant, un peu comme si il me fallait repartir de zéro parce que je n'avais pas fait l'affaire.

Mais au final qui trompe-t-on dans ce monde de fous, pas moi en tout cas, qui ai grandi avec caché au fond de moi un fol espoir le plus fou qui soit de mener coûte que coûte ma vie selon son plan,  celui qu'elle avait pour moi et que j'avais oublié en naissant mais qui me révèlerait à moi à n'en pas douter! 

Moi, je sais, personne d'autre ne sait, je n'ai pas à me justifier pour tel ou tel autre choix, et pourtant là aussi je trouve que mon identité est mise à mal dans mes choix, depuis toujours, mais enfin qui sont ceux qui disent m'aimer depuis que je suis née mais qui me demandent aussi de les choisir tout le temps?

Et que dire des autres, de ceux qui jalonnent ma route, de ceux qui, rencontrés tout au long de ma longue marche veulent absolument non pas me transformer mais bel et bien que je fasse leurs quatre volontés?

Non, décidément cette histoire d'identité me taraude à un point que cela me transforme vraiment au final, oui, dans la mesure que je retrouve une certaine lucidité mais justement, lucidité signe aussi la fin de la cécité et alors....

Et alors celle qui m'est révélée semble d'une autre mais d'une toute autre identité et si je donne le change aux miens malgré tout, je sens bien qu'au fond de moi, l'autre attend son heure!