On parle souvent de l'importance de s'aimer et je sais pour l'avoir vécu au jour le jour combien la confiance en soi y tient la place d'honneur dans cette affaire qui est à prendre au sérieux...et qui demande réflexion.

Mais si on en parle dans les magazines ou ici et là, dans la vie de tous les jours je n'ai jamais entendu personne me demander si je m'aimais! Je vous le promets!

Et moi, il ne m'arrive jamais non plus de poser la question crûment à une amie et encore moins à un ami, ou alors pour rire et encore! Qui me dirait la vérité??

Et si on me demandait si je m'aime?

J'y ai réfléchi aujourd'hui. Je crois que je m'aime, dans le sens où je ressens de la bienveillance pour moi et que même si je m'éloigne un instant de mon essence, après une défaite par exemple, j'ai toujours un certain respect pour cette part invisible de mon être et qui est tout autant moi, qui m'insuffle le désir de m'aimer tout simplement, sans me poser de questions, oui j'aime cette part de moi que je ne vois pas. Mais s'aimer physiquement et entièrement c'est une autre paire de manches devrais-je dire, que veut dire réellement s'aimer, s'aimer comment?

Si je devais répondre vraiment à cette question, je dirais que j'aime mon âme d'enfant prête à s'adapter à tout et à se relever après avoir trébuché, tout comme j'aime la vie et que je veux la voir sous son meilleur jour presque toujours, je dirais que je prends soin de moi quand on veut me voir vaciller et que je sais me consoler en me disant que tout n'est pas perdu et qu'il faut croire en soi.

Mais je sens bien que je me dérobe là, je ne réponds pas vraiment à la question, celle que curieusement j'aimerais trop poser à quelqu'un que j'aime bien et écouter attentivement ce qu'il ne me dirait pas...

Parce que si on me parle de m'aimer physiquement saurais-je dire l'ambivalence qui m'habite pour cette apparence qui peut donner à la fois une belle opinion de moi comme une fausse impression aussi quelquefois?

Saurais-je parler de mes doutes que je sais si bien cacher sous un semblant de confiance inaltérable en moi? Sans parler de mes défauts que comme toute personne qui se respecte, j'aime bien répertorier!

Effectivement, personne ne connait mes hésitations et mes combats contre moi, puisque même moi je les ignore pour continuer coûte que coûte, néanmoins ils sont bien réels. Mais se regarder dans un miroir et s'aimer quel que soit le détail qui nous fait cogiter deux minutes sur ce qu'on appellerait dans la foulée imperfection, cela n'est pas facile tous les jours.

Pourtant je m'aime....mais...

...Comment dire qu'on s'aime en quelques mots et cela, bien que je ressente énormément de bienveillance pour moi,  non pas à cause du chemin parcouru mais bel et bien parce que pour pouvoir accueillir toutes les aventures d'une vie, il faut se regarder et s'encourager avec bienveillance et sollicitude.

Et qu'il faut s'aimer défigurée aussi, il m'est arrivé de m'aimer ainsi sans me poser de question, en oubliant même jusqu'à mon visage d'avant, là devant l'épreuve j'ai cette drôle d'impression d'être dans mon élément, comme si je n'avais d'autre choix que de me battre sans....vraiment me battre et contre qui? Les événements?

Vaste programme quand on sait que personne, ni école ni parents ne vous parle de certaines mauvaises surprises de la vie, et combien il faut non pas du courage mais une certaine forme de folie pour tout reconstruire patiemment en écoutant le temps et rien que lui nous parler une langue jusqu'alors inconnue et négligée de nous.

Quand on sait que personne n'a osé dire à un enfant "n'oublie pas de t'aimer" et de lui expliquer l'enjeu d'une vie basée sur l'amour de soi, je veux parler de sa personne, de son physique et pas seulement dans les bons moments, pas seulement quand on est à son avantage sinon ce serait frôler le narcissisme.

Dit ainsi ce n'est pas évident non plus de s'aimer ....trop, moi je crois qu' il faudrait prendre des leçons d'amour de soi pour savoir plus tard ne pas se laisser dévaloriser par l'autre, pour que jamais rien ni personne ne s'en prenne à notre apparence physique à sa guise juste pour fendiller notre carapace et nous voir nous rapetisser, oui, nous éteindre parce que touchés dans notre chair.

N'oublie pas de t'aimer quel que soit le chemin choisi et les erreurs qui sont à l'orée de ce chemin, dis toi bien que tu tiens là le plus beau de ta vie, c'est ce que j'aurais aimé entendre une fois au moins de ceux que j'aime, car justement à leurs yeux il était me semble-t-il si essentiel que je les aimas sans me poser de questions jusqu'à m'oublier.

En tout cas, je n'oublie pas de m'aimer telle que je suis, je crois, d'avoir de l'indulgence pour mes manques, mes irritabilités envers ceux qui m'accompagnent parce que je suis en expérience ici, que je mène un défi unique et incertain, celui de vivre, et que rien que pour ça, je m'aime oui je m'aime!