Oui je finis par croire en cet adage qui dit que l'on devient ce que l'on pense!

Ce matin devant la boulangerie un jeune homme faisait la manche ou plus exactement il demandait 90 centimes à une dame quand je suis passée et un peu après il a fait son entrée dans la boulangerie où plusieurs d'entre nous avons cotisé (sans nous concerter) pour lui donner quelques pièces. 

Lorqu'il est sorti j'ai entendu une drôle de conversation derrière moi dans la file, la dame à qui il avait demandé les 90 centimes était en train d'expliquer au monsieur devant elle, vous me suivez là, qu'il était jeune et qu'il devait aller travailler, ce à quoi le monsieur lui répondait qu'il n'y avait plus de travail de nos jours pendant qu'elle lui disait qu'il suffisait de chercher et de trouver un contrat!! L'autre arguait du fait que jadis cela se faisait mais que de nos jours c'était quasi impossible et que la mort arriverait bien avant et que si elle avait des enfants nantis d' un bac+3 ou 4 voire, elle avait dû remarqué qu'ils étaient assis chez elle faute de mieux!

Enfin elle a acquiescé!! 

Et moi je me suis retrouvé à me dire que l'on n'était que ce que l'on pensait, que l'humilité et la compassion étaient décidément bien rares de nos jours et qu'on ne pouvait plus demander 90 centimes sans avoir au préalable pris soin de présenter sa carte de pôle emploi! 

Oui cela paraît simple vu d'ici de juger l'autre, l'indésirable, celui qui nous fait tiquer, celui qui nous interpelle sur nous, sur nos limites et nos façons de voir la vie, sur nos rejets de ceux qui ne suivent pas un code bien établi par la sacro sainte société.

Juger par rapport à notre vécu ou pas, mais surtout oublier forcément qu'on est tous dans le même bateau, que ce qui arrive à l'un d'entre nous peut tout à fait être notre lot demain , pourquoi pas?

Qu'en savons-nous?

Nos pensées ont des formes que nous créons gràce à la puissance de notre ressenti, de nos émotions et que nous le voulions ou non, penser n'est pas si anodin que cela.

Alors oui nous devenons ce que nous pensons et cela me fait froid dans le dos. Froid comme l'indifférence qui habite certains, froid comme le coeur de ceux qui se croient si bien dans leurs droits puisqu'ils cotisent depuis toujours, qu'ils ont bénéficié d'un travail, qu'ils n'ont pas connu l'insécurité de celui qui quémande, et alors ai-je envie de leur demander à ceux là?

Seriez-vous plus que les autres, plus quoi? Plus à l'abri, plus protégés? mais par qui? Par la sécurité de l'emploi? Ou bien par votre compte bancaire? Pensez-vous avoir tout bon depuis toujours?

Je me demande si cela est possible de se croire mieux que l'autre en face, vraiment possible je veux dire, de se croire inatteignable, indéboulonnable??

Et si en fait on n'était que la forme de nos pensées et que seule la peur de devenir hors norme nous faisait dire des choses auxquelles on ne croit pas vraiment?

Je préfère donner cette forme là à mes pensées ce soir....