Oui, parfois je me sens comme dans la chanson de Corneille, exactement pareille excepté que lui, ce chanteur que j'aime, ait connu l'indicible et que moi mon indicible à moi est vivable je vais dire. Cela dit, sa chanson me parle et tout me ramène à cette solitude que l'on ressent tous à un moment donné de notre vie, qu'on l'ait voulue ou pas.

Le week-end dernier j'ai vu un film et à un moment un des personnages le dit très bien, "tout le monde veut connaître les gens avec une chose derrière la tête, mais finalement on est tous seuls!" et c'est cette phrase qui m'a touchée le plus dans ce film que j'ai beaucoup aimé!

Otez-moi d'un doute, c'est le titre de ce film mais j'aurais tout aussi bien pu enchaîner sur otez-moi d'un doute et dîtes-moi que je me trompe, qu'on n'est pas si seuls en fin de compte et que tous autant que nous sommes, nous pouvons compter sur les uns et les autres dès qu'il nous arrive de trébucher sur un caillou qui peut se révéler être un rocher de plusieurs tonnes, j'exagère à peine!

Et que ce n'est pas pour mes rires et ma bonne humeur constante, ou encore pour mes folies et ma façon de prendre la vie avec un je ne sais quoi de je m'en foutiste que l'on veut me connaître et me faire croire que je peux appeler si j'ai un souci.....Parce que justement exceptées une ou deux amies, je suis presque menteuse quand je dis ça, je vous jure que non je ne peux pas appeler quelqu'un sur qui compter vraiment si ça va mal! Voilà c'est dit au moins.

Quoique je fasse ou que je pense, je retombe invariablement sur le fait que oui, nous sommes seuls face à nous à certains moments extrêmes de notre vie, inexorablement et obligatoirement seuls! Tant de vécus ne peuvent être partagés réellement pour cause de vécus justement, de vécus intenses parfois, de douleurs inaudibles, de pleurs enfouis, d'impuissance réelle et non feinte, d'impuissance devant les barrières invisibles aux autres, ceux là même qui me diraient sans l'avoir vécu, que je ne veux pas peut-être.....

C'est mon ressenti en tout cas, un peu comme un constat d'une situation contre laquelle je ne me bats pas, au contraire, je me laisse porter par les événements. Comme une évidence, s'écouter et faire silence demande une certaine solitude et puis parfois, même entourée on peut se sentir seul à jamais.

Qui peut dire avec certitude qu'il n'aurait pas agi comme l'autre en face lui dans certaines épreuves, qui se connait réellement pour l'affirmer sans ciller que l'autre a eu tort?

Parfois je me sens seule au monde et dans ces moments là je ne veux pas de l'autre, non pas de sa sollicitude mais de son regard sur ma vie, oui son regard, ses pensées sur ma vie, sur mes tracas d'hier et d'aujourd'hui, sur mes actes manqués ou mieux sur ce qui n'est plus et qui, peut-être hier faisait son ....envie?

Quand je me sens seule au monde, je peux devenir une autre, froide et lointaine qui n'attend rien de personne parce que justement seule je le sais on nait et seule on meurt.

Ce n'est pas parce que j'aime et que je distribue ce que j'ai de meilleur en moi que j'oublie que je suis seule souvent, depuis toujours, et parfois oui parfois cela me rassure.

Je ne sais pas si je peux me l'expliquer mais cette assurance que quoi que je fasse, je n'ai finalement aucune justification à donner sur ma façon de prendre la vie puisque tous autant que nous sommes, seuls on est.

Simplement ce n'est pas si simple et je crois trop à la portée de mes actes justement, aux formes que prennent mes pensées si je n'y prends garde, à mes paroles qui ont des pouvoirs si grands qu'ils me donnent le vertige souvent et alors je sais aussi qu'on est tous liés ici.

Que le fait de te donner un bout de mon sourire le matin d'un jour triste, a apporté en moi un vent frais qui a chassé mes idées noires de ce matin là.

Que de regarder le ciel et la mer confondus en un trait si pâle certains jours me laisse penser que je suis ici pour apprendre de l 'autre des choses précieuses sur moi et sur ma façon d'aimer.

Alors oui je me sens seule au monde souvent, et oui je crois en moi malgré tout, je persiste à me dire que je n'ai besoin que de moi, de cette fabuleuse rencontre entre moi et moi que le blog m'a redonné tel un présent inestimable et que aimer l'autre sur lequel je ne peux pas m'appuyer, cela n'engage que moi et seulement moi.

Je prends cela comme un compliment de ma vie for me! Comme une richesse qui ne s'achète pas, j'aime l'idée qu'on ne puisse pas tout acheter, que le sentiment ne soit pas un commerce est une assurance très forte chez moi que le compte en banque seul ne suffit pas ici! Comme le lait au chocolat vrai de mon enfance qu'aucun autre chocolat d'aujourd'hui n'usurpe, enfin passons, je déborde là, où est la comparaison je me le demande!

Comme je le vois, je vais bien! Mais oui je profite de mes mots pour vous dire et à moi aussi que je vais bien! Comme Céline quand elle nous donnait des news de son René à la grande époque de sa maladie, la pauv! Elle aussi, elle devait se sentir seule certains soirs après avoir chanté....Rien n'est plus faux que l'apparence à certaines heures sombres de notre existence.

Alors oui, vivre et être seule au monde parce que c'est ainsi que va la vie que quelquefois elle ne nous laisse qu'elle sur qui compter vraiment.