La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin au réveil. C.BOBIN

Je suis tombée sur cette citation ce matin en faisant du rangement, incroyable, c'était elle que je cherchais sans le savoir, je l'avais bel et bien perdue dans le dédale de ma vie....Lorsqu'elle se met à faire des zigzags et que moi, éternelle folle je cours après elle, ma vie!

Car voyez-vous, pendant longtemps, j'ai aimé suivre ses grimaces, j'ai aimé reproduire ses sons! Ses échos me revenaient si imprégnés d'elle que souvent je sautais le pas et la rejoignais alors, dans ces moments là je ne me demandais jamais si je devais croire en moi ou pas, si d'aventure un doute m'effleurait je le balayais d'un revers de mains, je savais qu'il y avait quelque chose en moi de bien plus grand que n'importe quel obstacle alors!

Qui a confiance en soi, conduit les autres dit Horace avec véracité! Simplement quelquefois un rien et tout dérape, on ne le sent pas venir, jusqu'à présent tout me réussissait ou peut-être ne suivant que mon coeur et mon intuition me suis-je crue invincible? Voyons donc, moi? Pourquoi pas moi?

C'est au creux de l'épreuve que l'on mesure la distance parcourue! Et aujourd'hui, je sais combien téméraire et intrépide j'ai été par le passé, couvée et dorlotée par ma vie, cependant me voilà toute autre désormais et cette autre là, je la découvre autant que vous qui me lisez ici, vous connaissez mon nom mais pas mon histoire.

Vous avez entendu parler de ce que j'ai fait à travers mes écrits, mes narrations mais pas de ce que j'ai vécu au jour le jour et de l'infime changement qui s'est opéré en moi, au fil des bornes et des cheminements.

Vous me voyez rire à mots ouverts parfois de mes mésaventures, pourtant il m'arrive de les utiliser pour masquer mes chagrins les jours où pour un rien je sens perler les larmes de bon matin.

Ces jours là, lorsque je m'aperçois dans le miroir, je me fais la réflexion suivante: connaître mon visage ce n'est pas me connaître, alors oui, je sais combien les zigzags d'une vie ont pu me faire oublier tout l'émerveillement et la joie que je ressentais à défaire les ficelles du paquet qui contenait ma vie tous les matins. Depuis l'enfance baignée de soleil jusqu'à longtemps après!

Je retrouve intacte cette ivresse de vivre intensément chaque heure, chaque seconde, ce côté cent mille volts que j'ai depuis toujours et qui fait dire aux autres que je suis un brin fêlée quand je refuse de m'arrêter...Cette fringale qui me fait faire avant de réfléchir, qui me fait aimer à fond sans freins, qui donne à mon regard des paillettes que seuls ceux qui m'aiment savent les voir!

Je reconnais bien en moi la fébrilité qui me fait arracher la ficelle lorsqu'elle fait mine de me résister certains matins brumeux, lorsque je ne veux que découvrir ma précieuse vie tandis qu'elle me voudrait un tantinet réfléchie? Pondérée? Pour mieux appréhender ses contours? 

Oui parce que parfois si impatiente et vive il m'est arrivé effectivement de monter trop haut et de me brûler un bout d'aile, ma vie m'a rattrapée de justesse...et aujourd'hui?

Et bien voilà....

Aujourd'hui, je me suis tempérée par la force des événements et  je ne souhaite qu'une chose, c'est que ma chère vie cesse de faire des zigzags, j'ai juste l'impression de ne plus suivre...