C'est vrai qui a dit que c'était facile de vivre? Personne.

Dès l'instant magique où le nouveau né tant attendu ouvre ses yeux à la vie, dès la minute où toute éperdue d'amour je me penche sur mon enfant je le sais pourtant que je ne pourrais jamais lui mentir sur cette gageure qu'est la vie. Mais lui dois-je pour autant la vérité tout de suite et dans les années à venir? Aimer n'est-ce pas aussi se taire parfois?

Depuis toujours je le clame haut et fort, la vie est un défi, un risque à prendre pour oser se connaître et s'apprendre, oser s'aimer malgré les jugements des uns et des autres, malgré la vie aussi, oui malgré ses embrouilles et ses pièges tendus à tout va pour mieux nous mettre la confusion, semer le doute en nous comme une veilleuse allumée en permanence.

Mais si je le clame haut et fort c'est aussi parce que au fond de moi, je ne doute jamais de son amour pour moi, si elle me conduit plutôt par ici que de l 'autre côté, je sais très bien que ma vie sait mieux que moi pourquoi et comment mener à bien mes affaires.

Il semblerait que je ne sois pas ici pour vivre heureuse et comblée par elle, mais bel et bien par moi! 

Se chercher, se pardonner, s'encourager et se prendre en main, c'est le chemin que tout un chacun parcourt sans se le dire, sans se prendre au sérieux tant on nous a appris à ne pas nous écouter, à être dans l'action au nom des conventions et des choses bien sous tout rapport. Mais il y a dans cette vie, des périodes intenses et forts en expérience qui ne nous laissent aucun répit, qui se succèdent les unes aux autres et me font perdre le souffle et la force à certaines heures et me font surtout penser que non décidément, ce n'est pas facile!

Et aussitôt une petite voix malicieuse me répond, "mais qui a dit que c'était facile?"

C'est vrai, qui m'a dit cela? Surtout pas mes parents qui ont fait de leur mieux, à leur façon, ils ont été les guides mais en aucune manière ils auraient pu me faire comprendre que ce serait facile, ni même qu'ils feraient tout pour me faciliter certaines épreuves. Jamais, au contraire même, ils ont établi un parcours du combattant à ma mesure, ils ont mis des pierres sur mon chemin pour que je construise un mur, ils ont anticipé à leur façon ou peut-être se souvenaient-ils de leur vrai rôle pour une vie donnée, la mienne!

Moi je crois en çà, en ce qu'on vient y faire ici, de tout ce que la vie attend de notre passage et de ce voyage que nous faisons où tout est préparé depuis une autre contrée lointaine, préparé avec minutie. Depuis l'heure de notre conception quant au choix de mes parents par moi en passant par le périple aux multiples visages jusqu'à mon dernier souffle!

Alors oui, parfois comme dans ces dernières heures, je me dis qu'il est bon d'aimer sans parler, sans se justifier, sans même montrer ma bonne foi à ceux que j'aime. Se contenter d'aimer sans rien dire, sans explications sur des situations embrouillées dont la vie seule a la primeur, sans me dire que je suis une pimbêche, que je suis une vilaine personne qui ne comprend pas sa vie et ceux qui la composent mais simplement faire l'expérience de ce fameux lâcher-prise dont on nous parle tant!

Je vous ai déjà dit que ma vie me demandait incessamment de mettre en pratique mes soi-disant connaissances?

Mon apprentissage est ponctuée de travaux pratiques essentiels à ma bonne compréhension et à la bonne continuation de ma route et tant que ce n'est pas assimilé on y revient!!  Même ma chère maman lorsqu'elle m'apprenait l'écriture n'était pas aussi tenace et pourtant je vous jure que mes oreilles s'en souviennent!

C'était pour avoir une jolie écriture me disait-elle! Et aujourd'hui j'entends dans un état second proche de la crise de nerfs parfois, ma chère vie me dire combien elle m'aime et que demain je comprendrais mieux toute la teneur de cet amour.

Alors j'abandonne toute lutte pour un instant, pour un instant seulement.