Pourquoi ai-je depuis toujours la drôle d'impression qu'autour de moi on sait mieux que moi ce qui est bon pour moi?

Pourquoi ai-je aussi cette drôle d'impression d'être mise sur la sellette et donc d'être soumise aux questions incroyables concernant ma vie?

Je me le demande en ce moment, qui sait mieux pour moi? Ceux qui sont en face, qui ne sont pas à ma place, ou bien moi qui pratique ma vie depuis tout ce temps?

Je suis à la fois dubitative et un rien agacée par ceux qui m'annoncent presque mon avenir sur la seule foi de leurs bons conseils que sans arrière-pensée aucune je devrais suivre bien sûr!!

Seulement voilà, je suis aux commandes d'une vie qui ne se raconte pas, en tout cas pas en tout temps, quelquefois c'est la pudeur qui prend le pas et me guide plus sûrement que quiconque, certains vécus se vivent au jour le jour tout d'abord et se raconteront ou pas, c'est selon la teneur du vécu, c'est simple.

Très simple à mes yeux de celle qui vit le prisme de ses émotions à travers les aventures les plus rocambolesques de sa vie. Je le dis toujours que j'aime la vie, je le confirme d'autant plus que la mienne ne me laisse pas le temps de m'ennuyer, comme si moi, oui moi, mais regardez moi, je serais venue ici pour m'ennuyer!?

Comme si?

Jamais! Tout a été pensé par une main puissante et invisible pour que les aventures se succèdent sans répit, pour que je reparte à l'assaut des vagues plutôt hautes, que je sois chahutée et basculée dans l'eau salée puis rejetée parfois sur la rive mais toujours prête à l'assaut! 

Et je souris en écrivant ces mots, parce que tout ceci me ressemble bien, je ne peux que l'accepter, je vis une drôle de vie, à mon image, et ces derniers mois plus que jamais.

Parce que si je regarde mon passé, moi seule sais que je n'ai rien inventé de mes aventures singulières, contées ci et là comme des histoires d'aventuriers de contrées lointaines le soir au coin du feu. Sauf que là, pas de feu, pas de récit non plus de ce que je vis au jour le jour, simplement mes retranchements en moi, oui ça comme un garde-fou, on peut si vite devenir fous en vivant trop vite certaines aventures périlleuses.

Voilà ce que j'aurais appris de ma chère vie ces derniers mois, moi qui ai tant voulu savoir ce qui aurait pu me voler toute envie de rire, toute envie tout court, de donner, comme celle de courir partout comme une biche, de rayonner, oui de rayonner et de transmettre ma joie de vivre....Voilà je sais désormais.

Mais dois-je le raconter dans les détails pour qu'on me laisse comprendre les enjeux de ma vie, dois-je parler des heures où les pleurs trop retenus par les sourires de circonstance ont enfin dévalé mon visage?

Dois-je donner la preuve que je sais de quoi est fait ma vie, dois-je dire combien je sais aujourd'hui qu'elle me conduit là où il faut même si j'ai mal, même si je ne comprends pas tout?

Dois-je dire à ceux qui croient savoir pour moi qu'ils ne savent rien du tout? 

Vivre demande énormément d'énergie et je l'ignorais peut-être, ou bien j'étais trop jeune pour me rendre compte hier, mais toujours est-il que je reconnais avoir eu envie de dormir beaucoup pour me ressourcer, oui moi en temps de crise je dors mes bien chères amies, je dors comme pour recharger mes batteries!

Je n'ai pas eu envie de me forcer à quoi que ce soit et attendez, rien n'est encore joué, tout n'est pas derrière moi, ma vie reste encore à vivre, oui à vivre....comme toute vie qui n'attend pas que je sois prête, non elle n'attend pas ma vie, elle me veut toute à elle, dans ce qu'elle a de plus précieux et de plus urgent à m'apprendre.

Je crois le savoir, elle me l'a rappelée, je ne dois écouter qu'elle.