Ce matin j'ai eu besoin de me relire. De venir ici comme en villégiature pour respirer un bol d'air pur.

Mon blog, ma page, mes écrits, ce matin je suis possessive on dirait....Non, simplement un besoin urgent de respirer un peu de moi, de retenir mon souffle devant mes mots libérateurs et optimistes d'alors et de me dire que je suis cette fille là aussi, celle qui diffuse une certaine lumière à certaines heures de sa vie.

Parce que ce matin je suis en mode rebellion, la colère gronde dans mon coeur, la lumière est floue, le diffuseur est pâle, je suis en apnée. Le mot est adapté à mon ressenti. Plus rien n'est à sa place il me semble, tous mes repères ont disparu et parfois j'ai peur d'exagérer.

Pourtant non, je n'exagère pas, il y a des situations qui vous conduisent plus loin que d'autres, tout gronde en moi pendant qu'une petite voix me guide avec bienveillance en me mettant en garde contre moi justement et mes incompréhensions existentielles.

J'ai perdu de ma superbe, je suis revenue de mes folles digressions, de mes écrits fous pour rire, des mots jetés n'importe comment pouvus de joie. Pour l'heure je vis à la minute près et j'en oublie de respirer...

Mon rire ne s'est pas éteint mais il est comme inanimé ou bien il sonne faux,  je n'ai pas envie d'écrire ni d'être lue, pourquoi faire, qui a envie de lire la morosité ambiante? J'ai juste envie de me replier sur moi, sans le faire pour autant, puisque je cours et que je vis ce que la vie attend de moi, ne jamais perdre de vu que tout avance, peu importe le sens dans lequel, peu importe que je trouve le paysage triste, mon voyage est en cours.

Au fond de moi, se terrent ma joie de vivre, mon bonheur d'exister, mes rires fous et salvateurs, mes provisions de folies en cascade, au fond de moi se terrent mes richesses invisibles à mes yeux, si invisibles que je viens ici pour les sentir et les revivre...

Toutes mes lectures me reviennent, tous ces fidèles compagnons conteurs de vie, témoins d'existences  tumultueuses et rocambolesques qui se substituent presque à ma propre vie d'aujourd'hui, tantôt je crois me voir danser avec leurs mots, tantôt je crois vivre l'intensité de ces histoires avec une telle véracité que j'en suis toute retournée....Alors ce n'était pas pour de faux, les livres qui m'ont accompagnée le savaient-ils qu'ils me montraient les chemins à emprunter et comment me comporter selon le vécu??

Le savaient-ils? Oui. Je crois en ces sortes de solutions prévues par la vie pour amortir, dirais-je le choc émotionnel....qui me laissent un brin désappointée malgré tout. Malgré tout, parce que je suis si lasse de devoir faire face à une péripétie de plus, parce que tout ce en quoi je crois m'échappe depuis six mois au moins, toute ma belle philosophie qui n'en est pas puisque je suis ce que je crois, je ne m'impose pas cette croyance, je suis elle, cette philosophie qui veut que je sois ici en mission, pour terminer ce que je dois, que je suis reliée à un Tout et que ce Tout est beaucoup plus grand que je ne le comprenne... à certaines heures de ma vie et que je doive me fier à Lui.

Lorsque j'y repense, je sais au fond de moi que tout était prévu sur ma route pentue pour mon vélo sans freins quelquefois, et que oui mille fois oui les livres étaient tels des fanions sur cette route comme les êtres qui devaient m'apporter tant d'eux ou pas, mais m'apprendre une chose essentielle à ma vie, alors oui à l'écrire ici m'apaise et peu à peu ma colère se dissipe.

Alors....lorsque...

La brume se lève sur ceux qui croient me faire du tort parce que je leurs permets de le croire, je retrouve la magie qui a précédé ma naissance à la terre, la magie est partout, il faut bien regarder, nous dit un film qui m'a tant parlé, les films aussi possèdent la magie, celle de ma mémoire antérieure qui me dit que tout enfant porte en lui un miracle... Nous sommes des voyageurs en route vers notre destin mais attention, là où nous cherchons la lumière, les ténèbres se mobilisent...

Alors...je renoue avec mon âme celle qui me nourrit depuis la toute première seconde et sa lumière comme par ricochet rebondit sur moi et sur toutes les choses qui semblaient dormir dans les sous-bois de mon existence chahutée. Tout alors reprend vie et s'illumine comme un fait extraordinaire pour que l'Univers puisse me permettre de mener à bien ma mission si sacrée à mes yeux.

Et j'accepte lentement que tout soit accompli, je laisse derrière moi la colère qui s'évanouit peu à peu...j'avais oublié les pouvoirs de l'écriture sur mon esprit révolté contre la réalité. J'ai dit réalité là? De quelle réalité s'agit-il, je me demande parfois si tout cela n'est pas qu'une vaste expérience, si je suis pas testée en permanence et si le jeu de rôles qui régente tout ici ne me confond pas....

Dubitative je suis à la fin de ce texte...