Hier soir nous avons fêté les 7 ans de mon neveu, sept ans c'est peu et beaucoup à la fois, je me souviens de mes sept ans comme d'un temps où rien n'est commencé vraiment, juste une amorce de celle qui serait moi plus tard, un profil très flou de la future moi, dirais-je!

Mais il y a une chose qui déjà se dessinait avec force c'est ma personnalité, mon besoin viscéral de pouvoir vivre ce qui m'était demandé de vivre, à l'insu des grandes personnes qui m'entouraient.

Oui c'est cela, exactement cela!

Et hier soir cela m'est revenu, dans toute son authenticité quand à un moment mon frère a insisté pour faire un bisou à son fils et que celui-ci du haut de ses 7 ans à peine sonnés n'a pas voulu en arguant du fait qu'il n'aimait plus les câlins!

Quand décide-t-on qu'on ne doit plus faire de câlins? C'est ma grande question de ce matin baigné de soleil encore mouillé d'une pluie matinale. 

Parce que en ce vendredi balbutiant, je venais vous parler d'un tout autre sujet mais je suis tombée sur l'article si chou de jenesuispasunesuperman sur les Trolls et que finalement toute la soirée d'anniversaire de mon neveu a pris une autre tournure dans mon esprit et comme il n'y a pas de hasard n'est-ce pas, je me suis demandé pourquoi mais pourquoi donc les êtres humains fuient-ils les câlins à un moment donné de leur existence?!

C'est vrai et très vrai, les animaux eux continuent à jouer à se toucher et à se caresser pendant longtemps mais nous autres, nous fuyons le contact entre nous tôt ou tard!

Et celle qui vous écrit cela n'est pas en reste, bien au contraire! Et pourtant j'ai tant aimé câliner mes enfants, jusqu'à présent c'est le parfum que je préfère je crois, l'odeur sucré d'un enfant, plonger mon nez dans ses cheveux me ramène loin dans mon enfance, au pays des rêves enchantés et de tous les possibles, quand tout reste à inventer encore.

Mais rien n'y fait, mes enfants en quittant peu à peu leurs habits d'enfants trop ajustés ont refusé aussi mes bras et mes embrassades, mes lèvres sur leurs cheveux si doux, mon nez dans leur cou, mes doigts s'attardant sur leurs joues et j'ai retrouvé mes bonnes vieilles distances que je prends soin de laisser entre les adultes qu'ils sont devenus et moi.

Et pendant que chez les Trolls on cultive le bonheur en faisant des câlins toutes les heures une coutume, chez nous, vient un moment où les parents et la société finissent par l'emporter! Tu es bien trop grand maintenant, tu n'es plus un bébé, ai-je entendu hier soir, ah mais j'ai tout entendu hier soir, tout et son contraire je vous dis dans une soirée d'anniversaire d'un tout petit!

La magie et l'optimisme des Trolls nous fuient depuis des lustres, voir un arc-en-ciel n'est un délice que pour certains d'entre nous, taxés de doux rêveurs et de noms bien moins sympathiques souvent, quant aux câlins, ils sont devenus de telles denrées rares que leurs prix s'en ressentent!

Ensuite on va se demander pourquoi la vie à deux a une durée de vie limitée! Moi, pour ne parler que de ce que je connais le mieux quand même, je n'aimais pas les câlins, du moins l'ai-je cru jusqu'à tout dernièrement! Pourquoi tout dernièrement? 

Parce que je ressens un manque d'affection parfois dans ma vie de femme mature d'aujourd'hui, parce que se toucher est la meilleure façon qui nous soit donnée de communiquer ici et que pour des raisons très sérieuses parfois voire douloureuse,  on ne puisse plus le vouloir, oui cela aussi peut arriver, tout peut faire que les câlins soient interdits d'accès à notre personne pour des raisons inconnues de nous quelquefois.

Pourtant la vie veille, en tout cas, moi c'est comme ça que je la vois, la mienne, elle met un point d'honneur à me rendre l'authenticité de mon enfance dans certaines choses, elle veille sur ce qui est bon pour moi et les câlins en font partie je vous le jure!

Prendre la main de ma grand-mère qui adore ce geste reste une valeur sûre de mon existence par exemple ou bien encore frôler de ma main la joue de celui qui partage ma vie lorsque tout nous sépare, que les mots et les actes ont tout saccagé, me rappelle combien l'aimer fut vrai!

Un câlin s'il te plaît, devrions-nous supplier parfois lorsque plus rien ne va, que la fin est proche, que tout semble perdu et que au bord de nos lèvres, se profilent déjà ces mots d'une chanson que j'aime, voilà c'est fini....